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Document de travail à l'intention du
Tribunal d'appel de la sécurité professionnelle et
de l'assurance contre les accidents du travail
juillet 2002
préparé par le
Dr John Edmeads
Professeur de médecine (neurologie)
Université de Toronto
Le Dr John Edmeads a obtenu son diplôme de la faculté de médecine de l’Université de Toronto en 1959. Il a fait des études postdoctorales en neurologie, et il est devenu associé du Collège royal des médecins et chirurgiens en 1965. Il a été chef examinateur du Collège pour l’octroi des certificats en neurologie de 1981 à 1983. Il s’est joint au corps professoral de l’Université de Toronto en 1967 et est devenu professeur de médecine en 1984. Il a dirigé des recherches sur le débit sanguin cérébral, les céphalées chroniques et l’éducation médicale. Il a reçu de nombreux prix pour son travail et son enseignement dans ces domaines. Le Dr Edmeads a été chef de la neurologie au Sunnybrook Health Sciences Center de 1969 à 1993, et il a été chef du département de médecine et médecin en chef au même établissement de 1994 à 2001. Le Dr Edmeads est décédé en avril 2007.
Après examen de la recherche documentaire du TASPAAT en 2010, le Dr D. Rowed estime que ce document fournit encore un aperçu équilibré des connaissances médicales sur le sujet.
Ce document de travail médical sera utile à toute personne en quête de renseignements généraux au sujet de la question médicale traitée. Il vise à donner un aperçu général d’un sujet médical que le Tribunal examine souvent dans les appels.
Ce document de travail médical est l’œuvre d’un expert reconnu dans le domaine, qui a été recommandé par les conseillers médicaux du Tribunal. Son auteur avait pour directive de présenter la connaissance médicale existant sur le sujet, le tout, en partant d’un point de vue équilibré. Les documents de travail médicaux ne font pas l’objet d’un examen par les pairs, et ils sont rédigés pour être compris par les personnes qui ne sont pas du métier.
Les documents de travail médicaux ne représentent pas nécessairement les vues du Tribunal. Les décideurs du Tribunal peuvent s'appuyer sur les renseignements contenus dans les documents de travail médicaux mais le Tribunal n’est pas lié par les opinions qui y sont exprimées. Toute décision du Tribunal doit s’appuyer sur les faits entourant le cas particulier visé. Les décideurs du Tribunal reconnaissent que les parties à un appel peuvent toujours s’appuyer sur un document de travail médical, s'en servir pour établir une distinction ou le contester à l'aide d'autres éléments de preuve. Voir Kamara c. Ontario (Workplace Safety and Insurance Appeals Tribunal) [2009] O.J. No. 2080 (Ont Div Court).
Traduit de l'anglais par A+ Translations
Odette Côté, trad. a. (Canada)
Membre du Conseil des traducteurs et interprètes du Canada
(par affiliation à l'Association des traducteurs et interprètes de l'Ontario)
La céphalée n'est pas une maladie mais un symptôme ayant de nombreuses causes; ce symptôme est généralement bénin (comme la migraine) et rarement inquiétant (par exemple, tumeur cérébrale). Le présent document porte principalement sur les céphalées rencontrées dans le cadre du milieu de travail - les céphalées associées à une blessure traumatique à la tête et/ou au cou, et les céphalées liées à une exposition à des substances toxiques.
En premier lieu, il est important de bien connaître les causes des céphalées en général ainsi que les céphalées bénignes dues à un dysfonctionnement (telles que les migraines ou les céphalées de type tensionnel) dont tant de patients souffrent en raison de l'hérédité, du stress ou de facteurs idiopathiques (c'est-à-dire inconnus).
Les céphalées surviennent lorsque les structures de la tête (et parfois du cou) sensibles à la douleur sont perturbées par un dysfonctionnement ou une maladie. Ces structures, ainsi que les facteurs susceptibles de les irriter, figurent dans le tableau ci-dessous. Il faut souligner que les tissus cérébraux eux-mêmes ne sont pas sensibles à la douleur, mais que les enveloppes du cerveau (les méninges) et les vaisseaux sanguins qui les irriguent le sont. Les enveloppes crâniennes (le cuir chevelu, les muscles, les nerfs et les vaisseaux sanguins), les yeux, les sinus, les dents et les articulations de la mâchoire, sont tous sensibles à la douleur.
| Structure | Stimulus | Type de céphalée |
|---|---|---|
| Muscles du cuir chevelu et du cou Nerfs du cuir chevelu |
Contraction idiopathique* Blessure traumatique Blessure traumatique |
Céphalées de type tensionnel Céphalées de tension post-traumatiques. Douleurs à la tête localisées à l'endroit de la blessure. |
| Articulations et ligaments du cou | Blessure traumatique | « céphalées consécutives à un coup de fouet cervical » |
| Vaisseaux sanguins du cuir chevelu | Dilatation idiopathique* | Migraines |
| Vaisseaux sanguins intracrâniens | Dilatation idiopathique* Substances chimiques Trauma Déplacement/étirement |
Migraines Céphalées consécutives à l'exposition à une substance toxique. Migraine post-traumatique. Tumeur cérébrale, hématome. |
| Enveloppes du cerveau (méninges) | Infection. Inflammation par voie sanguine. |
Méningite. Saignements dans les tissus cérébraux. |
| Sinus paranosaux | Infection, inflammation | Céphalées d'origine sinusale |
| Articulations et muscles de la mâchoire | Trauma, arthrose | « Syndrome de Costen » |
Les céphalées bénignes dues à un dysfonctionnement, qui sont fréquentes, sont indiquées en gras. Il s'agit d'affections idiopathiques* - c'est-à-dire dont personne ne connaît la cause exacte mais qui, chez la plupart des sujets, semblent résulter d'une interaction complexe entre des facteurs liés à l'hérédité, à l'environnement et au stress. Les céphalées post-traumatiques ou les céphalées dues à une exposition à une substance toxique, indiquées en italique, sont le principal centre d'intérêt de ce document de travail. Les types de céphalée indiqués « entre guillemets » font l'objet d'une controverse, et il existe des désaccords en ce qui concerne leur fréquence, leur cause et parfois même leur existence (voir texte).
La migraine, bien qu'il s'agisse généralement d'une pathologie bénigne due à un dysfonctionnement, peut être aggravée ou provoquée par un traumatisme crânien et éventuellement cervical.
Ces céphalées sont examinées en premier lieu car elles sont si répandues qu'il est parfois difficile de les différencier des céphalées liées à l'activité professionnelle.
Pourquoi parle-t-on de céphalées « bénignes dues à un dysfonctionnement »? « Bénignes » parce que la grande majorité de ces céphalées sont davantage des nuisances que des handicaps; elles engendrent rarement une incapacité à long terme et ne sont jamais mortelles. « Dysfonctionnement » parce qu'elles sont provoquées par un dysfonctionnement intermittent de tissus dont la structure ne présente aucune anomalie (c'est le cas par exemple des vaisseaux sanguins cérébraux pour la migraine), et non par une maladie.
La « prévalence » désigne le nombre de personnes d'une population déterminée qui souffrent d'une affection à un moment donné. Les enquêtes menées dans l'ensemble de la population ont montré que la prévalence des céphalées de type tensionnel était de 37 % chez les femmes et 21 % chez les hommes au Canada, de 42 % chez les femmes et 36 % chez les hommes aux États-Unis, puis de 35 % chez les femmes et 29 % chez les hommes au Royaume-Uni. Les variations sont dues aux différentes techniques de collecte de données et elles ne sont pas significatives. Il importe surtout de retenir que ce type de céphalée est très répandu. De même, la prévalence de la migraine est de 23 % chez les femmes et 9 % chez les hommes au Canada, puis de 19 % chez les femmes et 8 % chez les hommes aux États?Unis.
Les céphalées de tension ont reçu cette appellation parce qu'à une certaine époque on pensait qu'elles étaient dues à une tension accrue (contraction) des muscles du cuir chevelu et du cou, laquelle résultait d'une augmentation de la tension émotive. On les appelle également « céphalées en casque ». Ce concept est tombé en défaveur dans la mesure où les enregistrements de l'activité des muscles du cuir chevelu et du cou chez les personnes souffrant de ce type de céphalée n'ont pas toujours indiqué une augmentation de la contraction musculaire. Rares sont les cliniciens expérimentés qui contesteraient le rôle majeur joué par la tension émotive (inquiétude, anxiété, dépression) dans ce type de céphalée. Selon l'hypothèse retenue actuellement, le siège de la perception de la douleur à la tête (noyau inférieur du nerf trijumeau) a vu sa sensibilité « augmentée » par l'activité accrue des centres supérieurs du cerveau qui gèrent le stress, de sorte que des stimuli généralement inoffensifs deviennent désagréables ou douloureux. Afin d'éviter la controverse, l'International Headache Society a opté pour l'expression neutre « céphalées de type tensionnel ».
Les céphalées de type tensionnel sont des douleurs sourdes et de faible intensité qui touchent les deux côtés de la tête et peuvent s'étendre au cou. Elles peuvent avoir leur siège principal à l'avant ou à l'arrière de la tête. Elles peuvent également toucher l'ensemble du cuir chevelu comme un casque trop serré. Ces céphalées sont aggravées par l'anxiété mais pas forcément par l'exercice d'une activité; en effet, de nombreuses personnes souffrant de céphalées de type tensionnel choisiront de marcher un peu ou de pratiquer une autre activité afin de se distraire. Les analgésiques en vente libre tels que l'aspirine et le TylenolMD, par exemple, permettent généralement de soulager quelque peu la douleur. Contrairement aux migraines, ces céphalées ne sont pas accompagnées de nausées, de vomissements, de troubles de la vue ou d'étourdissements. Elles durent en principe de trente minutes à 48 heures et, si elles sont occasionnelles dans la plupart des cas, il peut arriver qu'elles soient quotidiennes ou presque chez certaines personnes; celles-ci (qu'il s'agisse d'une cause ou d'un effet) présentent généralement d'importants troubles psychologiques, tels que la dépression.
Les céphalées de type tensionnel ne possèdent aucun trait particulier. La grippe, une réaction indésirable à un médicament ou une tumeur cérébrale peuvent provoquer une céphalée ayant des caractéristiques similaires. Par conséquent, même si dans la plupart des cas le tableau clinique complet (âge du patient, caractéristiques et comportement, antécédents médicaux et résultats d'un examen physique attentif) rend un tel diagnostic évident, des tests de laboratoire ou des examens par neuroimagerie (par exemple, un tomodensitogramme) seront parfois nécessaires avant qu'un médecin prudent puisse diagnostiquer sans hésiter une céphalée de type tensionnel.
En revanche, la migraine présente des caractéristiques très spécifiques. L'International Headache Society a formulé, validé et publié les critères de diagnostic clinique pour la migraine, lesquels sont désormais la norme de référence. D'après ces critères, la migraine est une céphalée récurrente, d'une durée de quelques heures à plusieurs jours, présentant au moins deux des quatre caractéristiques suivantes :
et elle est accompagnée d'au moins une des deux manifestations suivantes :
et elle touche un patient dont les antécédents médicaux ou l'examen ne laissent présager aucune autre cause pour la céphalée.
Si une céphalée répond à ces critères, il s'agit d'une migraine et il n'est pas nécessaire de procéder à des examens particuliers pour poser un diagnostic (même si ceux-ci sont généralement pratiqués par mesure de précaution).
Chez environ un migraineux sur sept, une aura accompagne certaines ou toutes les céphalées. Habituellement, il s'agit d'un trouble visuel précédant la céphalée, qui dure de 20 à 30 minutes et qui disparaît ensuite lorsque celle-ci apparaît. Parfois, l'aura peut être accompagnée d'une sensation d'engourdissement ou de picotements sur un côté du visage et sur les membres d'un côté du corps; il est très rare que le patient ressente une faiblesse des membres. De nombreux patients (et quelques médecins mal informés) pensent à tort qu'en l'absence d'aura, la céphalée ne peut pas être une migraine.
La migraine est un trouble génétique. Dans la plupart des cas, il existe des antécédents de migraine chez les « membres de la famille immédiate » (parent, frère ou sœur, enfant). Les céphalées sont dues à une dilatation épisodique des vaisseaux sanguins de la tête, à la fois dans le cuir chevelu et à la surface du cerveau. On pense que le cerveau est le principal vecteur de ces changements vasculaires. Certains déclencheurs de la migraine tels que le stress émotionnel, la fatigue, l'exposition à certaines fréquences de lumière, et probablement les changements hormonaux du cycle menstruel, semblent agir par l'intermédiaire du cerveau. D'autres déclencheurs, tels que l'exposition à certaines substances présentes dans les aliments ou l'environnement, agissent probablement par voie sanguine via les vaisseaux sanguins crâniens.
La migraine est généralement traitée par analgésiques (médicaments anti-douleur), ce qui est regrettable pour deux raisons. En premier lieu, ces médicaments sont souvent peu efficaces et, par conséquent, leur usage excessif (en particulier ceux qui contiennent de la caféine et/ou de la codéine) dans le cadre de tentatives infructueuses visant à soulager la douleur peut lui-même provoquer des céphalées de rebond chroniques. Ensuite, il existe des médicaments spécifiques (les triptans) qui sont beaucoup plus efficaces contre les crises aiguës de migraine, et d'autres médicaments qui permettent de réduire la fréquence des crises (traitement prophylactique). Le coût des triptans constitue un obstacle à leur utilisation et des efforts sont déployés afin d'inciter les médecins à recourir davantage à un traitement prophylactique de la migraine.
De nombreuses personnes se plaignent auprès de leur médecin en indiquant que certains facteurs présents sur leur lieu de travail déclenchent, amplifient ou, de manière plus générale, aggravent les céphalées dont elles souffrent déjà. Les femmes ont davantage tendance à formuler cette observation parce que, ainsi qu'il l'a été indiqué précédemment, elles sont plus susceptibles que les hommes de souffrir de céphalées.
Le stress émotionnel subi sur le lieu de travail peut aggraver à la fois la migraine et les céphalées de type tensionnel, en augmentant leur fréquence et parfois leur intensité. Les facteurs ergonomiques tels que le type de siège, la hauteur du bureau, le maintien d'un combiné téléphonique entre l'oreille et l'épaule, etc., peuvent provoquer des tensions et des étirements musculaires capables de susciter l'apparition de céphalées de type tensionnel chez un individu prédisposé. Certains patients migraineux ont l'impression que les heures qu'ils passent à regarder un terminal à écran précipitent et aggravent leurs crises. Certains affirment âprement que la lotion après-rasage ou le parfum de leurs collègues immédiats déclenchent des crises. D'autres encore accusent les émanations présentes dans l'air, la fumée de cigarette ou simplement le « manque d'aération » du lieu de travail. Il existe une base scientifique pour chacun des agents incriminés.
Une fois déclenchée par un facteur environnemental, la migraine ou la céphalée de type tensionnel suivra son cours habituel, avec une durée d'une demi-heure (pour une céphalée de type tensionnel) ou de quelques heures (pour une migraine) à plusieurs jours, tout comme les affections qui ne sont pas déclenchées par l'environnement. L'identification et l'élimination du déclencheur environnemental devraient mettre un terme à ces céphalées. Si celles-ci continuent à survenir sur le lieu de travail, après que les agents incriminés par le sujet ont fait l'objet de mesures adéquates, il devient alors extrêmement probable que celui-ci s'est trompé et que ces agents n'ont jamais joué aucun rôle dans les céphalées.
Il est relativement rare que de telles situations engendrent des demandes de prestations d'invalidité ou des demandes d'indemnisation parce que, dans la plupart des cas, le problème environnemental peut être identifié et résolu, ceci mettant un terme aux céphalées.
Inversement, les céphalées consécutives à un trauma sont généralement beaucoup plus réfractaires, et elles sont souvent à l'origine de demandes de prestations d'invalidité et de demandes d'indemnisation. Le traumatisme crânien est en lui-même extrêmement commun. En effet, deux millions de personnes en sont victimes chaque année aux États?Unis (environ 1 % de la population). Quarante-cinq pour cent de ces blessures résultent d'un accident d'automobile, trente pour cent sont dues à une chute, vingt pour cent à un accident sur le lieu de travail ou pendant les loisirs, et le pourcentage restant est dû à des causes diverses, dont la violence. Quatre-vingt pour cent des traumatismes crâniens sont jugés légers, dix pour cent modérés et dix pour cent graves, si l'on utilise comme indice de gravité le critère conventionnel de la durée de l'amnésie post-traumatique (période de temps, après une blessure, pendant laquelle la personne n'a aucun souvenir). L'incidence (le nombre de personnes d'une population qui développent une affection dans une période de temps déterminée) des céphalées post-traumatiques est extrêmement variable, selon la constitution de la population étudiée, et va de 30 à 70 pour cent. Les personnes âgées risquent davantage de souffrir de céphalées post-traumatiques, tout comme les personnes qui ont déjà souffert de céphalées bénignes dues à un dysfonctionnement, telles la migraine ou les céphalées de type tensionnel, ainsi que les femmes. Il existe une relation inverse paradoxale et controversée (voir page 12) entre la gravité du traumatisme crânien et la probabilité de développer une céphalée post-traumatique. Certaines études ont montré que dans les sociétés (par exemple, un ancien pays du rideau de fer) qui ne possédaient pas de système d'indemnisation pour les céphalées et de résolution des litiges privés, l'incidence de céphalées post-traumatiques était très inférieure à celle des pays voisins de l'OTAN ou de l'Amérique du Nord; ces études ont suscité un débat passionnel (voir page 10 pour un examen de la controverse portant sur les facteurs physiques par rapport aux facteurs psychologiques).
Le traumatisme cervical, et particulièrement le « coup de fouet cervical » où, généralement à la suite d'un choc par l'arrière dans une automobile, la tête est brusquement propulsée vers l'arrière puis vers l'avant, a été désigné comme l'une des causes de céphalée. Les traumatismes crâniens et les blessures par coup de fouet cervical peuvent non seulement être suivies de céphalées mais également d'autres symptômes tels que des étourdissements, des pertes d'équilibre, des vertiges (sorte d'étourdissement accompagné d'une sensation de tournis, souvent provoqué par des changements de position), des troubles de la vision, des bourdonnements d'oreilles, une sensibilité au bruit et aux lumières vives, de la fatigue, des troubles de la concentration et de la mémoire, une dysfonction sexuelle et des changements de personnalité tels que l'irritabilité et la dépression. Cet enchaînement de symptômes est appelé « syndrome post-traumatique » de manière générale, « syndrome post-commotion cérébrale » lorsqu'il est consécutif à un traumatisme crânien, et « syndrome du coup de fouet » lorsqu'il est consécutif à un traumatisme cervical.
Voici le type de céphalées qui ont été décrites à la suite d'un traumatisme crânien ou cervical :
La controverse à propos des symptômes post-traumatiques porte surtout sur les céphalées de type tensionnel ordinaires et les céphalées dites cervicogènes. Dans de tels cas, malgré les plaintes amères des patients qui affirment souffrir de céphalées chroniques non spécifiques et de toute une série d'autres symptômes, l'examen physique ou par neuroimagerie (radiographie, tomodensitogramme, imagerie par résonance magnétique, etc.) ne permet généralement pas de déceler une anomalie. L'indemnisation financière est souvent un problème. La controverse est due à l'absence de conclusions objectives venant corroborer les plaintes de ces personnes ou appuyer leur demande d'indemnisation. Par conséquent, deux courants diamétralement opposés sur l'origine des céphalées post-traumatiques ont fait leur apparition. Ils peuvent être décrits de la façon suivante :
Il s'agit de deux positions diamétralement opposées, présentées de cette façon pour plus de clarté. Le débat n'est pas encore clos et est peu susceptible de l'être dans un avenir proche. Malgré le très grand nombre de personnes concernées, nous ne disposons pas encore des éléments de preuve qui permettraient de mettre un terme à la controverse - la confirmation ou l'infirmation par autopsie de l'existence de lésions cérébrales microscopiques chez une série de personnes présentant des symptômes post-commotionnels persistants et dont les tomodensitogrammes et examens d'imagerie par résonance magnétique ne montrent aucune anomalie. Pour des raisons pratiques, la plupart des médecins traitent généralement leurs patients victimes d'un traumatisme crânien ou d'un coup de fouet cervical en partant du principe que, dans la plupart des cas, des facteurs psychologiques et physiques peuvent entrer en jeu et nécessiter un traitement. Le traitement est un amalgame empirique de mesures physiques et psychologiques. Il faut observer que dans les deux positions diamétralement opposées décrites précédemment, la principale différence entre les traitements est la vigueur des tentatives visant à permettre aux sujets de reprendre au plus tôt toutes leurs activités. Il faut également souligner que ce sont les céphalées de type tensionnel et les symptômes post-commotionnels/consécutifs au coup de fouet cervical qui l'accompagnent souvent qui sont au centre de la controverse; en revanche, il semble y avoir un consensus sur l'origine de la migraine post-traumatique et lorsque le diagnostic et le traitement sont adéquats, l'issue en est généralement bonne.
Il existe un consensus naissant sur la façon de diagnostiquer les céphalées post-traumatiques, pour lesquelles l'International Headache Society a publié des critères diagnostiques. Il convient en premier lieu de déterminer le type de céphalée en établissant une comparaison par rapport aux critères énoncés par l'International Headache Society pour la céphalée de type tensionnel, la migraine, etc. On examine ensuite la probabilité de l'existence d'un lien de causalité entre la céphalée et le traumatisme crânien en se référant aux critères post-traumatiques, qui peuvent être énoncés de la façon suivante :
1. La céphalée est consécutive à un traumatisme crânien significatif, la valeur significative étant établie en présence de l'une ou plusieurs des conditions suivantes :
2. La céphalée est apparue dans les 14 jours suivant le trauma.
3. Si la céphalée disparaît dans les huit semaines suivant le trauma, elle est dite « aiguë »; dans le cas contraire, elle est dite « chronique ».
On estime qu'une céphalée qui apparaît plus de 14 jours après le trauma n'a aucun lien avec celui-ci. Un traumatisme crânien qui ne satisfait pas aux critères d'un traumatisme significatif (« significatif » n'est pas forcément synonyme de « grave » mais plutôt de « non banal ») peut quand même être suivi par une céphalée et d'autres symptômes mais le lien de causalité est moins évident.
Le pronostic des céphalées post-traumatiques a été étudié en profondeur mais les résultats des études n'ont pas été constants pour plusieurs raisons :
Malgré les lacunes de ces études, l'utilité de certains facteurs a été largement reconnue pour prédire l'issue des céphalées post-traumatiques et autres symptômes :
On considère désormais que d'autres caractéristiques n'ont aucune influence sur le pronostic :
Certaines caractéristiques pronostiques, même si elles ont fait l'objet d'une étude approfondie, restent controversées :
Ces céphalées apparaissent à la suite de l'exposition à des substances chimiques sur le lieu de travail ou dans tout autre environnement ou à la suite de leur utilisation. On pense que la plupart des substances occasionnant des céphalées provoquent une dilatation des vaisseaux sanguins de la tête sensibles à la douleur. Plusieurs substances [par exemple, les insecticides tels que le chlordécone (Képone) et l'hexachlorure de benzène (Lindane)] peuvent provoquer un gonflement cérébral (" œdème "), lequel occasionne une céphalée en augmentant la pression exercée sur le cerveau. Les céphalées dues à l'exposition à une substance toxique sont diffuses, souvent intermittentes. Elles empirent avec l'activité et présentent divers degrés de gravité. On pense, sans que cela ne soit prouvé, que les personnes qui souffrent déjà de céphalées bénignes dues à un dysfonctionnement telles que la migraine sont plus sensibles à certaines de ces substances et qu'elles risquent donc davantage de souffrir de céphalées à leur contact.
Le monoxyde de carbone est sans doute la cause la plus fréquente des céphalées dues à l'environnement (installations de chauffage défectueuses, ateliers de réparation automobile mal aérés), mais on sait que de nombreuses autres substances provoquent des céphalées. La liste reprise ci-dessous est loin d'être exhaustive :
Les céphalées disparaissent dès que le sujet quitte l'environnement et, généralement, cette disparition survient rapidement, en principe un ou deux jours plus tard, étant donné que les vaisseaux sanguins crâniens dilatés retrouvent leur volume normal. Cependant, cette disparition peut prendre plusieurs semaines si la substance toxique s'est accumulée dans l'organisme (par exemple, le plomb) ou si la céphalée est due à un œdème cérébral, lequel peut prendre un certain temps pour se résorber.
Certains facteurs permettent de diagnostiquer les céphalées dues à l'exposition à une substance toxique :
Un problème épineux survient lorsqu'un sujet affirme souffrir de céphalées en raison d'une sensibilité ou d'une allergie à une substance non toxique présente dans l'environnement ou d'une hypersensibilité à des substances présentes dans des proportions acceptables (par exemple, la poussière). Il n'existe aucun doute sur le fait que certaines formes d'allergies telles que la maladie sérique, l'anaphylaxie, l'urticaire et la rhinite associée à une sinusite peuvent provoquer des céphalées entre autres symptômes importants (tels que la respiration sifflante, l'urticaire, la chute de la pression artérielle, etc.). Le fait qui est extrêmement controversé consiste à savoir si l'hypersensibilité et/ou l'allergie seules peuvent provoquer des céphalées. Dans de tels cas, la question peut être tranchée grâce à la découverte, dans les cellules sanguines, le plasma, le liquide céphalorachidien et/ou l'urine, d'une preuve chimique ou cellulaire attestant de l'existence d'une réaction allergique aiguë au cours de la céphalée; de tels éléments peuvent être fournis par un immunologiste ou un allergologue. Un test cutané positif ne suffit pas à établir un lien entre la présence probable d'une allergie (ce que signifie le test cutané) et la céphalée; les allergies et les céphalées sont extrêmement répandues, de façon indépendante, dans l'ensemble de la population.
Les sept articles susmentionnés constituent un échantillon des différents avis portant sur les symptômes post-traumatiques et sur la capacité ou l'incapacité des facteurs sociaux tels que les attentes et l'indemnisation d'influencer l'apparition et la persistance de ces symptômes. L'éditorial de Deyo (référence 8) propose une vue d'ensemble concise, bien équilibrée et actuelle.
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